top of page

Voir le verre à moitié plein? Ou à moitié vide…

Ça y est, on arrive à la moitié. La demie. La médiane du voyage. 74 dodos sur 148 plus ou moins. Ça passe beaucoup, beaucoup trop vite, on a rien vu aller. Ça fait 2 mois et demi qu’on vit une vie d’escargot. Pour certains, c’est court. Pour d’autres, c’est inconcevablement long. Mais peu importe, tu te rends compte que ça fait longtemps que tu es parti de la maison quand: – Te faire réveiller par des coqs est devenu agréable – Prendre une douche sans eau chaude fait vraiment du bien – ou tu peux ne pas te laver pendant 2 jours et te trouver bien propre – Tu as abandonné le brossage de cheveux officiellement – Tu as remplacé la crème hydratante à la sortie de la douche pour un lait anti-bibittes et tu trouve que “ça sent bon” – Tu sais maintenant exactement comment optimser ton backpack de sorte qu’il contient 3x plus de stock que quand t’es parti – Le beurre de pinottes te rend émotif – Tu ne cours plus après les shops à souvenirs – Tu trouve anormal qu’il y ait du papier de toilette dans les toilettes publiques – Tu commence à être “bored” de la plage et de l’eau salée et tu apprécie les piscines – Les singes t’énervent plus que d’autre chose – Les temples et les “waterfalls” ne font plus partie de ton planning – Les longs trajets de bus, bateau, train sont source de réconfort – Tu trouve maintenant les coquerelles sympatiques – Tu trouve ça weird entendre parler français – Tu dis des mots du genre “expériencer” plutôt que “faire l’expérience” par abus de langue anglaise dans ton quotidien – Tu développe une mini-haine envers les touristes chinois (oups!) – Ton news feed affiche toutes sortes de langues et de signes, par tes multiples nouveaux amis – Tu prends beaucoup, beaucoup moins de photos…

Et j’en passe probablement beaucoup. Ça, c’est les choses dont nous avons conscience, ici, maintenant. Mais puisque tout est différent, que chaque pas qu’on fait nous met le pied dans un monde inconnu, on ne réalise probablement pas que tout ce qu’on voit/touche/sent/entend/goûte (je connais bien mes 5 sens n’est-ce pas?), c’est différent. On vit dans l’irréel. Dans un espèce de monde à part. Un monde de voyageurs. C’est ce qui m’a frappé le plus de nos autres voyages aussi en fait. Te rendre compte qu’il y a un bon lot de personnes qui trottent sur notre planète. Car c’est aussi ça voyager: les rencontres. Oui, découvrir les cultures c’est l’essence même du voyage. Mais c’est fascinant de rencontrer tout ce beau monde qui ont la même quête que toi, de voir que c’est assez commun de partout sur notre planète, et que chacun à son plan, son histoire. Le Suédois qui voyage seul, pendant 10 mois, qui ne veut pas aller en Thailande car il a entendu dire qu’il y avait trop de suédois, qui s’achète les cigarettes les plus cheap à un magasin bien précis sur l’ile 100% duty-free en Malaisie. Les israéliens qui n’ont qu’un mois, elle actrice et lui, tient un restaurant. Ils utilisent beaucoup (trop!) TripAdvisor, ils adorent le poisson. Les 4 gars malais, de “KL” comme ils disent (Kuala Lumpur), qui travaillent en IT, qui sont en vacances dans leur propre pays pour 4 jours, avec Ash qui s’ennuie éperdument de sa fiancée. Le couple de français (je vous aime!!!) qui ont passé 2 mois en Inde en échange étudiant, qui ont fait le tour de l’Asie du sud-est ensemble avant que leurs chemins se séparent, pour près d’un an: elle en stage à Melbourne/Australie, lui en stage à Capetown/Afrique du sud. Le couple d’Allemand qui avait l’air d’un vieux couple mais qui en fait, étaient ensemble depuis seulement 5 mois avant de partir pour 5 mois de voyage. Will, notre instructeur de plongée, et Cynthia, prof de yoga, 2 canadiens (anglais) qui ont travaillé à Bali comme instructeurs de plongée pendant plusieurs années avant de partir leur propre shop de dive & yoga à Koh Tao et de s’y installer pour de bon. Même chose pour nos instructeurs français à Phi Phi, même si on ne connait que très peu leur histoire elle doit être tout aussi fascinante. Les deux pakistanais, les plus gentils et respectueux garçons du monde, qui n’ont pas le droit de boire ou faire la fête dans leur pays, alors ils se payent un trip en Thailande et en apprécient chaque seconde. Tous ces gens m’intéressent, et m’impressionnent. Ils ont tous un but commun, le même qui fait en sorte que j’écris aujourd’hui de la Malaisie, celui de voir du monde.

On en a vu des pays, des cultures, des peuples, des paysages. On en a senti des odeurs. Des bonnes odeurs de cuisines, d’épices, de fleurs… Et les odeurs exécrables qui envahissent l’Asie. Ce qu’on a vu aussi beaucoup, c’est des devises. Et on en a appris des taux de change… On est passé du Yen japonais, au Dong vietnamien, au Riel du Cambodge, au Kip du Laos, au Baht de la Thaïlande et maintenant on transige avec le Ringgit de la Malaisie. Ouff!! Mon financier aime ben ça, moi j’en ai mal au crâne de convertir.

À date, notre plan se déroule sensiblement comme prévu, malgré quelques changements à l’itinéraire en cours de route. On est très, très contents d’avoir fait pitstop au Japon au tout début. On a tellement aimé qu’on voudrait y retourner pour un voyage de 3 semaines. Grâce au fait qu’on a eu de la visite pour notre passage en Thaïlande et qu’on avait date fixe pour la rejoindre à Bangkok, on a pu intégrer le Laos dans notre itinéraire. On l’avait laissé tomber au début, croyant que ça ne valait pas le coup. Quelle erreur!! C’est un de nos préféré. Tout voyage en Asie qui se respecte doit absolument inclure ce petit oublié. C’est comme un trésor caché, coincé entre les grosses têtes: Thailande d’un bord, Vietnam de l’autre. Ensuite, l’idée d’intégrer les iles de la côte ouest de la Thailande était aussi un coup de circuit. Phi Phi nous a envouté. Maintenant on suit notre planning de départ, soit descendre en Malaisie, se rendre à Singapour pour quelques jours seulement (ça coute cher les grandes villes pour des p’tits pauvres backpackers!) et ensuite Indonésie pour quelques semaines. Pour finir en Australie, et peut-être Nouvelle-Zélande, Tasmanie ou Papouasie, faut qu’on se décide à ce sujet.

Notre seul regret jusqu’à maintenant, c’est d’avoir négligé le Myanmar. Il parait que c’est une merveille incomparable à découvrir, encore pas très exploitée. Notre passage aux lignes pour notre histoire de visa ne compte pas vraiment, mais on s’y est trempé les pieds. Ah, et l’Inde. Notre véritable gros gros regret. On voulait faire l’Inde depuis beaucoup plus longtemps que plusieurs pays qu’on a fait, mais l’Inde mérite du temps, beaucoup de temps. Alors en 5 mois et tous les autres spots à faire en Asie, on voulait lui réserver un voyage bien à elle. Nos amis français nous ont confirmé qu’il fallait y aller, en nous racontant leur expérience magique, alors on pense à une solution. Comme ma mère dit, on réfléchi… C’est pour ces 2 regrets qu’on pense à prolonger. Depuis le début on se laisse la porte ouverte. Plusieurs considérations et obligations nous font hésiter. Il nous manquerait juste un petit 2 mois. C’est peu pour faire les 2 pays, mais mieux que rien du tout, non? Ou on change le planning initial et on remonte faire ces 2 pays? Que faire…… Ma maman me dit d’envoyer ça dans l’univers, et de faire confiance à la vie. La solution va se présenter. J’ai toujours pas de nouvelles de “l’univers”….

Comme je disais, on est à la moitié. Et je ne suis pas du tout, mais pas du tout prête à quitter ce monde irréel, rempli de belles rencontres, de découvertes et chocs culturels, de magie quotidienne. Ce n’est pas ça la vraie vie, dit-on. Mais pourquoi ce ne le serait pas? Encore une fois, on réfléchi… Je stress déjà en pensant à la fin. Jp me dit de ne pas y penser et de profiter, il a 100% raison. À la demie, tu vacilles entre 2 émotions. D’une part, la crainte de voir cette réalité enchantée s’achever, et ne pas vouloir que ça se termine. La peur de revenir à la “vraie vie” avec des responsabilités, des comptes à payer, un chien à nourrir… d’la neige. Trouver une job, un appart, faire les choses “comme il se doit”. Mais d’autre part, tu commences à t’ennuyer aussi de ta routine. Tu as des envies de fromages et bon vin, de poutine, et aller faire l’épicerie te manque. Tu a l’impression d’être loin physiquement mais aussi psychologiquement de ta famille, tes amis. Mais voyager en 2013, dans un monde 2.0, réduit l’effet de distance. Wi-fi est disponible partout. pour vrai, PARTOUT. On est si heureux quand on se connecte et qu’on a un beau courriel de nos amis qui prennent de nos nouvelles, intéressés, mais surtout qui nous donne de leur nouvelle. Ou un inbox Facebook, un petit mot sur le wall, ou même un texto (iphone à iphone ça fonctionne sur wi-fi!). Et encore mieux, Facetime nous permet de connecter avec notre famille en temps réel. On a l’impression d’être moins loin, et ça permet à nos parents de nous voir la “bette” et s’assurer qu’on est bel et bien en santé 🙂

C’est donc à la moitié qu’on commence à percevoir la fin. La triste fin d’une belle aventure qu’on ne voudrait jamais voir se terminer, mais en même temps un retour dans nos petits mondes confortables avec ceux qu’on aime.

Je vais donc voir le verre à moitié plein, à moitié plein de belles histoires, de belles découvertes et de beaux souvenirs qui vont marquer nos vies à tout jamais. Alors allons remplir cette deuxième demie!!

2 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
Post: Blog2_Post
bottom of page