#vanlife avec bébé: Viva España!

Toujours avec notre maison de 7 mètres carré sur le dos, on “traverse” la frontière portuguaise/espagnole aussi simplement que de traverser Laval/Montréal par le pont Médéric Martin. Un panneau “Bienvenido en España” nous accueille, sans étampe dans le passeport hélas.

Nous voici en territoire espagnol, là où la sangria fraîche, les tapas salivants, les jupettes de flamenco et les churros au choco font la fiesta.

Andalousie: Sevilla – Gibraltar – Ronda – Malaga – Cordoba – Grenade

Premier arrêt, Séville. Quelle ville! Un gros gros coup de coeur pour JP et moi. Difficile de parcourir la ville en #vanlife, on se niche dans un stationnement payant bien connu des caravaniers en périphérie de la ville. Soleil et ciel bleu au dessus de nos têtes, 31 degrés au thermomètre, on parcourt la charmante capitale du flamenco en poussette. On visite la Plaza de España, le Real Alcazar (où a été tourné le royaume de Dorne dans la série culte Game of thrones, 4e photo ci-dessous), on admire la Cathédrale de l’extérieur et on déambule de longues heures dans le labyrinthe de rues étroites en pierres anti-poussette du Barrio Santa Cruz.

C’est ici le bonheur! D’abord, les rues inégales pavées de pierres anti-poussette permettent d’endormir (ou d’assommer??) bébé instantanément. Ce qui permet à papa et maman de profiter des nombreuses terrasses de tapas et de s’enfiller les petites bouchées espagnoles jusqu’à ce que maux de ventre s’en suivent. Disons qu’à Séville, on a laissé tomber temporairement les pâtes au chorizo et le riz aux cajous, nos 2 plats signatures #vanlife, pour profiter des restos et se bourrer la panse façon iberico.
Toute visite à Séville qui se respecte mérite un spectacle de flamenco. Personnellement, n’ayant pas une culture très élaborée de cet art, je m’attendais un peu à une attrappe-touriste, un genre de faux spectacle de danse (pas trop) traditionnelle, arrangé et mis en scène dans une grande salle amphithéâtre fake, pour satisfaire une bouffée de touristes qui ont payé trop cher pour 1 heure de tappage de pied… mais pas du tout!! Au contraire! Bien que l’événement est organisé pour satisfaire une bouffée de touristes, on ne paye pas trop cher, ça se produit dans de minuscules salles de fond de taverne, ça semble authentique à souhait et ça tappe du pied en masse! C’est complètement charmant et surtout, tellement poignant. Ça tappe du pied, des mains, ça clac des doigts, ça se fouette les cuisses… les expressions faciales des danseurs et chanteurs suffisent à nous donner le mottons à chaque fois. Même si on ne comprend pas un mot, on peut saisir qu’il y a une histoire derrière cette prestation et qu’elle est débordante d’émotions. Aucune régie, pas d’éclairage et d’ajustements sonores derrière ces artistes accomplis, ils sont souvent que 3 ou 4: 1 ou 2 danseurs, un chanteur et un gratteux de guitare. C’est tellement savoureux que même Rafael était complétement absorbé par le show. Il a fixé la scène pendant 1 heure, il semblait même ému lui aussi. JP dit que j’exagère mais je vous le dis, j’ai vu la sensibilité dans les yeux de fiston! Toute la famille a adoré, JP s’est lui-même surpris à beaucoup aimer. C’est un art qui mérite une pleine attention alors j’y suis retournée le lendemain, seule, laissant bébé et papa aller “à la bière” entre boys, pendant que maman allait se chambouler le dedans. Il y a vraiment quelque chose qui te dévorre les trip dans un spectacle de flamenco…
On se remet de nos émotions en direction de Gibraltar pour aller voir le rocher, les multiples singes et pour un premier aperçu de la méditerranée bleutée. La mer est magnifique et le roc de Gibraltar est effectivement très solide, on confirme l’expression. Il offre des vues superbes de la pointe de la péninsule européenne et par temps clair, il est possible d’apercevoir l’Afrique, le continent voisin.
On se remet à rouler direction Ronda, à travers les sierra montagneuses, pour aller voir le fameux pont qui se partage sur les blogs voyage. Enclavée entre les montagnes, cette petite ville typique est magnifique et les vues sont à couper le souffle.
Passage obligé dans la grande métropole du sud, petit détour par Malaga pour (encore!) changer de van. Vous nous connaissez, on aime ça déménager alors ça ne changera pas ici! On en profite pour zieuter la Costa Del Sol et jeter l’ancre sur d’autres beaux points de vue #vanlife. Alors vous découvrirez la van #3, blanche cette fois. On espère la garder jusqu’à la fin celle-là!
On retourne dans les terres où on visite d’autres palais dont le bien connu Alhambra à Grenade ainsi qu’une splendide mosquée-cathédrale, la Mezquita, à Cordoba. Contre toutes attentes cette dernière surpasse, et de loin, le précédent. La Mezquita et ses centaines d’arches colorés nous a conquise.

Côte est: Torrevieja – Alicante – Benidorm – Valence

On en avait un peu marre des châteaux et autres alcazabar du coin alors on revient sur la côte vers le soleil pour tranquillement débuter notre montée vers Barcelone. À 50km au sud d’Alicante, on découvre la petite ville de Torrevieja, là où 20 000 touristes suédois ont élu domicile. Même les restos ont des noms suédois! Pourquoi? Parce que ce sont les snow birds d’ici. 3000 km à parcourir pour un peu de soleil, à bord de leur motorisé tout équipé, satellite et plancher chauffant. Dans la région, On retrouve nos beaux panoramas #vanlife de bord de mer, on explore les dunes de sables et on se dandine dans les salinas rosées.

Ensuite direction Alicante et les superbes plages avec vue sur les montagnes, où papa fera son jogging pendant que maman se bourre de biscuits. On visite le marché local et on trouve une pâtisserie en forme du logo de la ville de Montréal. À point avec les élections!

Petit détour par Benidorm pour un beau trekking à flanc de montagne. Raf a parlé tout le long. 1h30 de trekking, 1h30 de badada-dabada-badabababa-dada.

Dabada-baba-dabababa-ba.

Badabababababababababababa.

Et encore….

badada-dabada-badabababa-dada.

Dabada-baba-dabababa-ba.

Badabababababababababababa.

Dabadada-dabada-badabababa-dada.

Dabada-baba-dabababa-ba.

Badabababababababababababa.

Maintenant Valence, la magnifique. 2e coup de coeur après Séville. Ah! Qu’on se sent bien ici! Et qu’est-ce qu’on fait quand on se sent bien quelque part? On mange!! On mange, on mange, on maaaange. En moyenne, 7 repas par jour! Mais un repas de tapas, ça compte presque pas. On est allé se balader au marché (on adooore les marchés!) et bien qu’on avait déjeuner à la van avant de partir, à 11:30 on avait nos 3 repas de la journée, petit vino inclus. Du jamón, des bocadillos, de la totilla, un pepino, une pasteleria… c’est sans fin! J’utilise toujours l’excuse de “j’allaite j’ai le droit” qui m’a valu une gelato quotidienne jusqu’à présent. Pain / charcuterie / fromage / vin / gelato c’est la joie!

À Valence on mange, on se balade à la ville, on visite la plus vieille arène de corrida de la région et on va se perdre avec les requins au plus gros aquarium d’Europe.

#vanlife

À part ça nous ça va, la routine quoi. On est devenu maître dans l’art de la #vanlife, on clip-déclip-pousse-tire la banquette en 2 temps 3 mouvements, c’est presque devenu une danse: Tu prends le bébé – je tire-pousse. Je change la couche – tu clip-déclip… secoue les draps, pars le bruleur, sort les fourchettes, et alouette. On est des pros, je ne me cogne plus la tête partout. On y prend goût à la petite maison. Disons que le ménage n’est pas trop long à faire, et que tu ne peux pas vraiment te perdre entre le salon et la cuisine. On songe à s’installer dans notre salle de bain au retour à Montréal, pour facilité la transition. Ça, où dormir les 3 dans la bassinette. On réfléchit.

Donc c’est ça là, pas d’anecdote spéciale à raconter… sauf peut-être la fois où on a dormi dans un nid de chauve-souris et que j’avais la peur de ma vie à chaque pipi accroupi…

Ou encore la fois où j’ai dit à JP, pleine d’assurance, qu’ici en Europe ils avaient des colombes sauvages… quand en fait ce ne sont que de vulgaires pigeons albinos.

Ou le fait que je puisse parler vraiment courament Espagnol, je ne cherche pas mes mots et les paroles affluent comme une locale, mais que je ne comprends RIEN quand les gens me répondent. Je n’ai pas l’air très intelligente le regard vide ensuite…

Ou encore la fois où on pensait qu’on était un jour férié – 4 jours de suite – quand on vagabondait dans les villes désertes en plein après-midi. On a compris le 4e jour que 4 fériés de suite c’est un peu improbable, c’est simplement que tout est fermé pendant la siesta…

Ou le fait que les gougounes à JP décolorent sur ses pieds (bleu marin), qu’il en met partout sur nos draps déjà pas très propre parce qu’on se lave aux 4 jours, qu’elles sont brisées à 2 endroits et qu’il REFUSE d’en acheter des nouvelles… ça me rend folle!

Ou finalement le fait que Raf a eu 5 mois le 8 novembre, qu’il se développe beaucoup trop vite, qu’il parle sans arrêt et nous on perd notre bébé. Il vient de se sortir d’un rhume de bébé morveux juteux dégueu. Donc pour Raf, son voyage se résume à: une gastro, une prune au front, une attaque de piqûres de moustique, un gros rhume et des débordements de couche quotidiens. Le tout, avec le sourire. Parlant de sourire, ce p’tit bonhomme sourit à tout le monde. Et le monde, le monde aime les bébés. Encore plus les bébés qui sourient. Muy simpatico, qu’on lui dit. Gordito aussi. Et quand on leur dit qu’il s’appelle Rafael, oh là là c’est l’attachement instantané. Et qu’en plus on l’écris avec un “f” comme un vrai Portugais/Espagnol, ouff là c’est l’adoption! Les gens aiment les bébés.

Ça fait le tour, on s’en va chercher Krystel et Gab à l’aéroport pour 1 semaine à Barcelone. On veut aller manifester nous aussi pour l’indépendance catalane.

Vive la #vanlife!!